La Banque centrale du Liberia a maintenu son taux directeur à 16 % tout en relevant de 10 % à 12 % le ratio de réserves obligatoires sur les dépôts en dollars américains. Décidées le 6 octobre 2026, ces mesures visent à améliorer la gestion de la liquidité et à réduire les vulnérabilités liées à la dollarisation de l’économie.
Cette orientation vise à consolider les conditions nécessaires à la stabilité monétaire et financière du pays. Sur le plan macroéconomique, les perspectives demeurent favorables. La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel du Liberia est projetée à 5,5 % en 2026, contre 5,1 % en 2025. L’évolution des prix affiche également une tendance à la baisse. L’inflation s’est établie à 4,5 % au troisième trimestre 2026, contre 5,4 % au trimestre précédent. Ce ralentissement constitue un élément important dans l’appréciation de la conjoncture par les autorités monétaires. Le maintien du taux directeur traduit néanmoins la volonté de la Banque centrale de préserver son orientation monétaire tout en ajustant certains instruments pour mieux encadrer la liquidité du système bancaire.
Un secteur bancaire solide, malgré des créances douteuses élevées
Le Comité de politique monétaire relève que le secteur bancaire libérien présente des indicateurs satisfaisants en matière de capitalisation et de liquidité. Le ratio de liquidité atteint 58,7 %, tandis que le ratio de solvabilité s’établit à 38,6 %. Ces niveaux témoignent de la capacité du système bancaire à respecter ses engagements et à absorber d’éventuels chocs financiers.
Toutefois, le taux de créances douteuses demeure une source de préoccupation. Il s’élève à 13,4 %, soulignant la persistance de risques liés à la qualité des portefeuilles de crédit. La maîtrise de ces risques reste donc un enjeu pour préserver la stabilité du secteur et soutenir durablement le financement de l’économie.
Des réserves extérieures en amélioration et une dette publique en baisse
La situation extérieure du Liberia présente également des signes de consolidation. Les réserves internationales brutes couvrent désormais environ 3,3 mois d’importations, offrant une marge de protection face aux besoins de financement extérieur et aux éventuelles pressions sur la balance des paiements.
Par ailleurs, la dette publique a enregistré un recul, passant de 49,6 % à 43,3 % du PIB au trimestre précédent, selon les données communiquées.
Ces évolutions constituent des éléments favorables pour les équilibres macroéconomiques du pays. La Banque centrale devra toutefois continuer à surveiller les risques liés à la dollarisation, à la qualité des crédits bancaires et aux conditions de liquidité.







