Africa Finance Corporation (AFC) et le réassureur allemand Munich Re ont conclu le 26 octobre 2026 à Lagos, un programme de partage des risques d’un milliard de dollars destiné à renforcer le financement du commerce en Afrique. Cette initiative doit permettre aux banques africaines d’accéder plus rapidement aux ressources nécessaires pour soutenir les importations, les exportations et les échanges intra-africains.
Africa Finance Corporation (AFC), institution spécialisée dans le financement des infrastructures en Afrique, a annoncé le 26 octobre 2026, à Lagos, la mise en place d’un programme de mobilisation de dette gérée non financée, en partenariat avec Munich Re, l’un des principaux réassureurs mondiaux.
Doté d’une capacité de partage des risques de 1 milliard de dollars, ce dispositif vise à accroître les financements commerciaux accordés aux institutions financières africaines. Il intervient dans un contexte où les banques du continent ont besoin de liquidités supplémentaires pour accompagner les échanges commerciaux nationaux, régionaux et internationaux.
La première phase du programme concerne 38 institutions financières réparties dans 11 pays africains. Elle couvre notamment les lettres de crédit, les prêts commerciaux et les garanties commerciales, des instruments essentiels au financement des opérations d’importation et d’exportation.
Mécanisme conçu pour accélérer les financements
Contrairement à l’approche précédente, fondée sur le partage des risques opération par opération, le nouveau dispositif repose sur des paramètres et des limites de risque définis à l’avance. Munich Re peut ainsi couvrir automatiquement une part des transactions éligibles initiées par l’AFC, ce qui doit faciliter et accélérer les décisions de financement. L’AFC conserve également une partie du risque sur chaque opération, afin de maintenir une convergence d’intérêts entre les deux partenaires.
Autre caractéristique importante : les opérations de financement du commerce couvertes peuvent avoir une durée maximale de 12 mois. À leur échéance, la capacité de risque correspondante est libérée et peut être réutilisée pour financer de nouvelles transactions. Ce mécanisme renouvelable permet ainsi d’optimiser l’utilisation des ressources disponibles.
Mobiliser davantage de capitaux privés
Pour Banji Fehintola, membre du directoire et responsable des services financiers de l’AFC, cette initiative illustre l’évolution des modèles de financement du développement en Afrique. Selon lui, les besoins du continent ne peuvent être satisfaits uniquement par les prêts traditionnels inscrits au bilan des institutions financières.
La mobilisation de capitaux privés devient donc essentielle pour accroître la capacité de financement et renforcer l’impact des interventions. Le programme doit également contribuer à lever les contraintes auxquelles les banques sont confrontées pour accompagner l’intensification des échanges, notamment dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA).
De son côté, Herbert Müller, responsable des solutions de crédit mondiales chez Munich Re, souligne que cette initiative s’appuie sur la confiance construite entre les deux organisations depuis 2018. Leur coopération évolue ainsi d’un modèle transactionnel vers un dispositif programmatique capable d’intervenir à plus grande échelle.
Une plateforme ouverte à d’autres investisseurs
Le programme constitue également un pilier du dispositif plus large de mobilisation de dette gérée de l’AFC. Cette plateforme doit permettre à d’autres investisseurs institutionnels africains et internationaux de participer, soit en apportant des financements, soit en partageant les risques. Des discussions sont déjà engagées en ce sens.
L’initiative complète la création, en août 2026, d’AFC Captive Insurance Company, une filiale détenue à 100 % par l’AFC et basée aux Bermudes, dotée d’un capital social pouvant atteindre 30 millions de dollars.
En combinant la gestion interne des risques et leur partage avec des partenaires spécialisés, l’AFC entend optimiser l’utilisation de ses fonds propres et renforcer sa capacité à financer l’économie africaine. À terme, cette approche pourrait soutenir davantage les échanges commerciaux, l’industrialisation et la création d’emplois sur le continent.






